Parutions / À paraître

Alexandre Dumas : un mousquetaire du journalisme, Sarah Mombert et Corinne Saminadayar-Perrin (dir.), Cahiers de la MSHE, juillet 2019.

Bretteur des lettres, Alexandre Dumas se fit journaliste par tempérament et par passion. Dès ses débuts, le jeune dramaturge s’est forgé dans et par la presse une personnalité publique, dans tous les sens du terme. Sa trajectoire est celle d’un engagé volontaire dans l’espace médiatique, où il occupe presque tous les postes : critique dramatique, chroniqueur, feuilletoniste, historien du contemporain, correspondant de guerre, intarissable causeur. De fortes convictions animent cette écriture en mouvement perpétuel : Dumas défend l’idéal démocratique d’une littérature authentiquement populaire, engagée dans les combats du présent, et intensément interactive.

Objets insignes, Objets infâmes de la littérature, Marie-Eve Thérenty et Adeline Wrona (dir.), Editions des archives contemporaines, février 2019.

Balzac Paris est aujourd’hui le nom d’une marque de vêtements vendus en ligne, qui concurrence la ligne plus ancienne intitulée Zadig & Voltaire ; on peut offrir à un écolier une trousse ou un cartable à l’effigie du Petit Prince, ou encore, à quelqu’un qu’on connaît vraiment bien, des accessoires intimes inspirés du best-seller Fifty Shades of Grey. Les objets dérivés de la littérature peuplent notre vie quotidienne ; ils identifient des lieux associés à des auteurs, enchantent des gestes ordinaires en leur donnant l’épaisseur de la fiction, ouvrent des opportunités pour se rêver en personnage de roman. Comment comprendre cet univers proliférant et hétérogène, qui donne corps à la littérature ? Faut-il y voir le triomphe du marché et du matérialisme, dégradant en pratique commerciale cet art immatériel qu’est la création littéraire ? Ou bien plutôt une forme d’appropriation oblique, qui témoigne de la survie du livre et de l’auteur, au-delà de leurs univers d’origine ? Telles sont les questions auxquelles répond cet ouvrage, à travers quinze contributions qui interrogent des cas très diversifiés de dérivation littéraire, de la statue au carnet griffé, en passant par les parcs à thèmes. Tantôt insignes, tantôt infâmes, ces objets permettent d’analyser les processus par lesquels la littérature, dans une dynamique de transformation permanente, devient une forme de vie.

Avec les contributions de Séverine Barthes, Christèle Couleau, Justine Delassus, Oriane Deseilligny, Audrey Garcia, Yves Jeanneret, Matthieu Letourneux, Caroline Marti, Marie-Clémence Régnier, Jean Rime, Denis Saint-Amand, Catherine Soulier, Valérie Stiénon, Marie-Ève Thérenty, Yoan Vérilhac et Adeline Wrona.

Détective, histoire, imaginaire, médiapoétique d’un hebdomadaire de fait divers (1928-1940) , Amélie Chabrier, Marie-Eve Thérenty (dir.), Revue Criminocorpus, décembre 2018. [En ligne]

Ce dossier rassemble les actes de trois journées d’études qui se sont tenues à Montpellier, Nîmes et Paris en septembre 2016 et janvier 2017. Il est consacré à un objet paradoxal et contradictoire, l’hebdomadaire Détective paru dans sa première forme entre 1928 et 1940, et que l’on peut aujourd’hui feuilleter en ligne dans la bibliothèque de Criminocorpus grâce au travail de numérisation lancé par Catherine Chauchard, directrice de la BILIPO et partenaire de ce projet. Une exposition itinérante accompagnait le colloque et permettait de montrer le phénomène Détective dans son contexte, avant qu’on ne l’envisage sous l’angle du mythe créé par les discours d’auteurs comme Simone de Beauvoir ou Jean Genet, ou par le prisme de son lointain descendant, le Nouveau Détective. Désormais cette exposition est visible sur le site Criminocorpus grâce à Marc Renneville et Jean-Lucien Sanchez. Enfin un livre illustré publié aux éditions Joseph K. a conclu ce travail de longue haleine. Ce dernier se présente comme une exploration littéraire de la presse des années 1930, vue depuis Détective.Quels étaient les crimes les plus représentés dans Détective, les crimes « à la mode » dans les années 1930 ? Quels romanciers retrouve-t-on dans ses pages ? Comment le texte et la photographie s’accordaient-ils pour offrir aux lecteurs horreur et frissons ? Quelles furent les prises de position de l’hebdomadaire dans les grandes affaires comme celles de Violette Nozière, des sœurs Papin, de Stavisky ? Voici quelques questions auxquelles nous avons tenté de répondre. Tout en faisant cette étude de l’hebdomadaire, nécessaire car inexistante, cet ouvrage a été en outre une étape dans la réflexion sur la « médiapoétique » du XXe siècle, c’est-à-dire dans la
façon dont les écritures s’adaptent aux contraintes de chaque support médiatique.

Coups de griffe, prises de bec. La satire dans la presse des années trente, Amélie Chabrier, Marie-Astrid Charlier (dir.), Impressions nouvelles, novembre 2018.

Coups de griffe, prises de bec se présente comme un beau livre sur la satire, textuelle et visuelle, dans la presse francophone des années trente, replacée dans une histoire longue du rire dans la presse, depuis la petite presse du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui. Il s’agit de réfléchir à la particularité du rire des années 1930 : de quoi riait-on dans cette période d’entre-deux-guerres ? De qui en particulier ? De quelles manières ? La crise économique de 1929, la montée des fascismes, l’homophobie, la misogynie, la xénophobie, l’antisémitisme, sont des constantes du discours médiatique de l’époque, de la grande presse populaire aux hebdomadaires politiques et littéraires, en passant par les feuilles satiriques. Mais peut-on rire de tout ? Et riait-on de tout dans cette période de crises (économique, sociale, morale, idéologique) ? Quelles cibles étaient particulièrement visées et voit-on émerger des « têtes de turc » ? Quelles frontières peut-on tracer entre l’humour, la satire et l’insulte ? Y a-t-il des lignes de démarcation entre une satire de gauche et une satire de droite, voire d’extrême-droite ? Ces questions résonnent évidemment avec les heures les plus sombres de notre actualité. Qu’on pense seulement aux attaques terroristes subies par Charlie Hebdo en janvier 2015 et aux multiples polémiques qui impliquent les satiristes contemporains, des plateaux TV aux Guignols de l’info, en passant par les one-(wo)man-show ou internet.

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